WHITE ONLY
L’histoire vraie et méconnue d’Althea Gibson, première championne noire de tennis. Un bel hommage.
Douze ans avant Arthur Ashe chez les hommes et plus de 40 ans avant les sœurs Venus et Serena Williams, elle est la première joueuse de tennis noire à avoir remporté un titre du Grand Chelem, à Roland-Garros en 1956. Au total, Althea Gibson (1927-2003) a gagné onze Grands Chelems (cinq en simple, six en double). Elle a également été joueuse de golf professionnelle, classée 27e mondiale.
Avec ce biopic au dessin stylisé dynamique et à la colorisation évoquant la terre battue, Julien Frey (« Les sauvages », « Monsieur Apothéoz ») et Sylvain Dorange (« Gisèle Halimi, une jeunesse tunisienne ») dressent le portrait d’une jeune femme athlétique au fort caractère. Issue des quartiers pauvres de New York, elle n’aimait pas l’école et préférait taper des balles… ou des garçons qui s’en prenait à ses proches!
« White only » n’est pas pour autant un album simplement destiné aux amateurs de tennis et de son histoire. Car Althea Gibson avait beau répéter qu’elle ne faisait pas de politique, son parcours sportif aura parlé pour elle, soutenu il est vrai par des entraîneurs et des mécènes convaincus: dans une Amérique toujours marquée par la ségrégation raciale et en pleine lutte pour les droits civiques, être meilleure que des joueurs blancs sur le terrain avait de quoi faire bouger les lignes mieux que n’importe quel discours.
« White only » est donc avant tout une bande dessinée sociale et politique et un message d’espoir à l’intention des jeunes lecteurs: toujours croire en ses chances, dans le sport comme dans le milieu professionnel.
Dessinateur: Sylain Dorange – Scénariste: Julien Frey – Editeur: Vents d’Ouest – Prix: 16,99 euros.

