DONJON ZÉNITH – Tome 11. Les méandres du pouvoir

Pas facile de gérer le duché de Vaucanson quand les problèmes du quotidien prennent tant de place. Un épisode un peu en deçà, côté aventure.

Dans la grande fresque des « Donjon Zénith », ce tome 11 s’empare du destin d’Herbert, désormais propulsé à la tête du duché, une fonction qu’il aborde avec son optimisme mais dont il est loin de maîtriser toutes les subtilités. Car gouverner s’avère autrement plus périlleux que partir à l’aventure. Entre intrigues de cour et jeux d’influence, les grandes familles de Vaucanson observent ce jeune dirigeant avec scepticisme, quand elles ne complotent pas ouvertement pour le remplacer. Et comme si cela ne suffisait pas, les tensions viennent aussi de l’intérieur : les parents d’Herbert, peu convaincus par leur belle-fille Isis, s’emploient à lui trouver une «véritable» duchesse.
Ce nouvel épisode s’aventure ainsi dans les arcanes du pouvoir mais délaisse le souffle épique au profit d’une chronique du quotidien aux problématiques terre-à-terre: la parentalité, les tensions familiales, la vie de couple… Herbert et Isis, tout comme Marvin et Pirzuine, doivent composer avec les missions non prévues et urgentes, les conventions religieuses, les relations épineuses avec les beaux-parents ou encore les enfants ingérables. Dans ce petit théâtre domestique, Elyacin, fils adoptif et remuant du couple Marvin-Isis, assure d’ailleurs à lui seul une bonne partie des gags, renforcés par le trait expressif de Boulet.
Comme on reste attaché à la saga fleuve qui court depuis 1998, on prendra cet épisode un peu en deçà comme une sorte de tome de transition. La conclusion ne laisse d’ailleurs guère de doute sur le fait que Herbert, Marvin et les autres vont reprendre les chemins de la grande aventure, ouf!
A noter qu’un cahier graphique est inclus dans cette première édition à l’occasion des 40 ans des éditions Delcourt.

Dessinateur: Boulet – Scénaristes: Joann Sfar et Lewis Trondheim – Editeur: Delcourt – Prix: 11,95 euros.

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