PORTRAITS DE PERSIL

La relation trouble entre une artiste-peintre en quête d’indépendance et un esprit de la forêt. Un récit fantastique singulier à l’ambiance graphique réussie.

Dans une Europe alternative aux airs de Second Empire, une jeune artiste-peintre décide de quitter la capitale Lutecia, son mariage malheureux et des conventions étouffantes pour s’installer chez une amie au cœur d’un immense domaine forestier. A la recherche de l’inspiration et alors que la guerre approche, elle passe ses journées à observer la nature sauvage jusqu’à sa rencontre fortuite avec un étrange esprit sylvestre à l’allure de centaure fait de bois mort.
Avec « Portraits de Persil », Jean-Christophe Deveney délaisse la musique (« Soli Deo Gloria ») pour explorer les mystères de la création picturale, sur fond de fable écologique et de récit d’émancipation féminine. Malgré ses rondeurs de conte illustré, le récit s’éloigne rapidement du conte pour enfants pour s’enfoncer dans une histoire cruelle et tragique, plus adulte, où aimer revient finalement à s’effacer en tant qu’individu. Les fonds noirs de Saïd Sassine (« Bonbon Super », « Apocaline ») qui contrastent avec ses couleurs changeantes selon les saisons, installent une atmosphère étrange, à la croisée d’un Guillermo del Toro et d’un Miyazaki. Un récit singulier, fantastique et introspectif.

Dessinateur: Saïd Sassine – Scénariste: Jean-Christophe Deveney – Editeur: Glénat – Prix: 25 euros.

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