MARY BELL, L’ENFANCE MEURTRIÈRE

27 ans après avoir été condamnée à l’âge de 11 ans pour un double meurtre, Mary raconte à une journaliste son passé. Un récit dur pour tenter de comprendre les mécanismes qui ont pu aboutir à une telle violence.

Le 17 décembre 1968, Mary Bell, une fillette de 11 ans, est condamnée à la prison à perpétuité en Angleterre pour le meurtre de deux enfants de 3 et 4 ans à l’issue d’un procès expéditif où personne n’a cherché à comprendre les raisons de ces actes horribles. Après un premier livre dans les années 70, Gitta Sereny, journaliste spécialisée dans les enquêtes sur les racines du mal au sein des rangs nazis, publie en 1998 un nouveau livre (« Une si jolie petite fille ») dans lequel elle s’entretient avec Mary Bell devenue adulte et revient avec elle sur son enfance. En adaptant en partie cet ouvrage, Théa Rojzman au scénario et Vanessa Belardo au dessin plongent le lecteur dans un abîme d’horreur.
A travers des témoignages de voisins et de policiers, des flashbacks et des cauchemars de Mary Bell, c’est une enfance brisée que l’on découvre dans les quartiers pauvres d’une ville industrielle du nord de l’Angleterre: une mère toxique, prostituée souvent absente qui tentera maintes fois de se débarrasser d’elle en la donnant au premier couple venu ou en tentant de la tuer, qui prostituera ensuite sa fille dès l’âge de… 4 ans. Un récit de plus de 110 pages glaçant qui quand les scènes sont trop crues pour être représentées préfère remplacer les dessins par des mots écrits en lettres blanches sur fond noir. Avec son trait réaliste mais sobre, la dessinatrice italienne qui signe ici son premier album en France parvient à retranscrire les ambiances, le code couleur permettant en outre de bien distinguer les époques et les cauchemars de la réalité.
Si «comprendre n’est pas excuser», ce saisissant roman graphique démontre avec force les ravages de la violence des adultes faite aux enfants et les conséquences des défaillances de la société.

Dessinatrice: Vanessa Belardo – Scénariste: Théa Rojzman – Editeur: Glénat – Prix: 22,50 euros.

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