LES NAGEUSES DE MINUIT

Une jeune femme un peu perdue rencontre un groupe de nageuses résilientes. Un récit de sororité intergénérationnelle sensible.

Vik est enseignante et habite seule dans son appartement new-yorkais avec le sentiment désagréable d’avoir une vie étriquée, de ne pas être arrivée là où elle le voulait. Mais toute sa vie va être bouleversée lorsqu’en rentrant par hasard dans une piscine, elle découvre avec fascination une petite bande de femmes âgées faisant de la natation synchronisée.
Loize au corps recouvert de cicatrices et de tatouages, Reba l’ancienne juge ou Claire la militante… A travers ces portraits de femmes résilientes et inspirantes pour Vik, Valentina Grande (« Salinger, avant l’Attrape-coeur », « Gertrude Stein et la génération perdue ») met en scène une histoire de sororité intergénérationnelle et de reconstruction de soi et questionne le rôle des femmes au sein de la société et avec lui la maternité, la domination masculine, le racisme aussi. Pourquoi le cadre d’une piscine? Parce, comme l’explique la scénariste italienne, l’eau omniprésente « nous rappelle que nous sommes vivantes », elle représente aussi « le voyage intérieur que Vik doit accomplir avant de voir la lumière ». Un récit à la fois teinté de tristesse et porteur d’espoir mis en images par l’Italien Francesco Dibattista (« Il m’a volé ma vie ») d’un trait rond et dans des couleurs froides sur le même registre métaphorique: l’eau comme liquide amniotique et les espaces de la serre et de la piscine comme des utérus

Dessinateur: Francesco Dibattista – Scénariste: Valentina Grande – Editeur: Le Lombard – Prix: 21,95 euros.

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