L’ORANGERAIE

Deux jumeaux, victimes d’une guerre qui fait d’eux des instruments de la vengeance de toute une population. Adaptation d’un roman à succès québécois bouleversant.

Plusieurs fois primé et vendu à plus de 200.000 exemplaires dans une vingtaine de pays, le roman de Larry Tremblay est désormais adapté en bande dessinée par Pierre Lecrenier. Pour une pièce de théâtre, Aziz incarne un enfant d’un pays en guerre qui a perdu toute sa famille. Mais lors d’une répétition à Montréal, le jeune homme craque et refuse de reprendre le rôle. Et finit par raconter qu’il s’appelle en réalité Ahmed.
C’est un autre récit qui démarre alors. Une histoire dramatique qui se joue à l’ombre des orangers, quelque part au Proche ou Moyen-Orient. Ahmed et Aziz, jumeaux de 9 ans, jouent tranquillement avec leur cerf-volant quand un missile tombe sur la maison de leurs grands-parents, les tuant sur le coup. Pour leur rendre hommage, le chef du village demande alors au père des jumeaux d’envoyer un de ses deux fils commettre un attentat suicide…
L’histoire d’Ahmed, Aziz et des leurs, qui résonne particulièrement avec l’actualité (le roman originel date pourtant de 2013), est économe en mots mais elle transpire l’amour, la culpabilité, la peur, la lâcheté, l’horreur de la guerre et l’absurdité du terrorisme. A travers un graphisme simple mais lumineux à la ligne claire et aux grands aplats de couleurs, on passe des rues enneigées de Montréal à ces paysages vallonnés arides que l’on a l’habitude de voir surtout au journal télévisé… On comprend rapidement ce qu’il va se passer mais le récit prend le temps de décrire les motivations des protagonistes aussi aberrantes soient-elles. Une bande dessinée pleine d’émotion.

Dessin et scénario : Pierre Lecrenier, d’après le roman de Larry Tremblay – Editeur : Rue de Sèvres – Prix : 20 euros.

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