LE DERNIER SERGENT – Tome 1. Les guerres immobiles

Dans la continuité de son « Journal », Fabrice Neaud se raconte au quotidien. Un exercice autobiographique puissant.

20 ans après le dernier opus de son « Journal », Fabrice Neaud se lance dans le second cycle (prévu en quatre tomes) d’une œuvre plus globale s’intitulant « Esthétique des Brutes ». Un album autobiographique de plus de 400 pages qui nous emmène chronologiquement deux ans environ après le tome 4 de « Journal », soit précisément d’avril 1998 à avril 2000.
Le contexte social n’a pas vraiment changé – chômage, désillusions politiques, spectre du VIH…-, le narrateur non plus. C’est toujours un artiste fauché malgré de premières récompenses, plombé par ses frustrations sociales et amoureuses dans une société où l’homosexualité n’est pas encore très acceptée. Il partage avec la lecteur son quotidien, ses réflexions sur lui-même et ses proches, sur la musique et les évènements internationaux. Mais Fabrice Neaud a muri et le temps qui s’est écoulé depuis les évènements racontés lui a donné du recul et un regard plus critique. Il évoque aussi plus frontalement sa peur du VIH ainsi que ses relations compliquées avec sa famille.
« Le dernier sergent » est en fait une vraie mise à nu, exclusivement axée sur l’auteur – ce qu’il faut accepter – et avec une crudité parfois dérangeante, mais dont le propos est toujours réfléchi et la narration parfaitement fluide. On se laisse donc embarquer dans cet exercice autobiographique complet, porté par de très belles planches en noir et blanc au trait hachuré et réaliste.

Dessin et scénario: Fabrice Neaud – Editeur: Delcourt – Prix: 34,95 euros.

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