LA PROMESSE DU SOUFFLE
Une jeune paysanne va participer à la création de… l’alphabet coréen. Un sujet historique inattendu mais très intéressant derrière une histoire d’amour fictionnelle.
En 1442, dans le royaume de Joseon – l’actuelle Corée -, une paysanne que son père veut marier à une brute fait la rencontre de Kim Ban-Ryu, un jeune érudit en retraite dans la montagne près de son village. Lorsqu’il reprend la route, elle et son esclave muette se cachent dans le convoi. Intelligente et vive et bien que ne sachant lire, Dal-Rae va devenir un des rouages essentiels au projet du roi Sejong le Grand: créer un alphabet simple et adapté à la langue coréenne pour permettre au peuple de lire et notamment de comprendre les traités sur l’agronomie.
Au delà d’une gentille histoire d’amour naissante, « La promesse du souffle » nous présente sous le mode de la fiction un sujet pour le moins inattendu mais très intéressant qui montre bien que savoir lire et écrire participe à l’émancipation: l’invention de l’alphabet coréen au XVe siècle, le hangeul – d’abord nommé « hunminjeongeum », pour remplacer les caractères chinois utilisés à l’écrit et principalement connus par la noblesse. Une postface, écrite par la scénariste (également agrégée d’histoire) Anne Idoux, apporte aussi quelques informations supplémentaires sur le contexte historique et la diffusion du hangeul.
La partie graphique est signée de Carine Borgi, une illustratrice franco-libanaise qui signe ici sa première bande dessinée et apporte avec son dessin soigné tout en nuances de gris beaucoup de poésie et de délicatesse.
Dessinatrice: Carine Borgi – Scénariste: Anne Idoux – Editeur: Rue de Sèvres – Prix: 20 euros.

