LA FOIRE AUX COCHONS – Tome 2

Un humour grinçant avec des personnalités qui se réincarnent en cochon. Mais une bonne connaissance de l’Histoire et des personnages parodiés est recommandée.

Vous imaginiez sans doute l’Enfer fidèle à l’imagerie populaire, des flammes dans les profondeurs de la terre où de petits diables piquent les fesses des damnés à grands coups de tridents. Ptiluc nous révèle la vérité et elle est bien pire: l’Enfer se trouve dans une porcherie. Du moins pour les grands dirigeants du monde aux mains plus ou moins propres qui se réincarnent indéfiniment dans de vulgaires cochons. Après Napoléon ou Hitler apparus dès le premier tome, c’est au tour de diginitaires ecclésiastiques d’entrer dans cette étrange basse-cour. Ironie du sort, c’est transformés en truies que ces religieux attendent que Jean-Paul II pointe son groin.

Comme dans « Rats » ou « Pacush Blues », Ptiluc nous propose une réflexion sur les hommes et leur soif de pouvoir à travers des dialogues entre animaux et règle ses comptes avec l’Histoire. Nouveauté dans ce second tome, les cochons trouvent par hasard le moyen de sortir de leur porcherie, devenue industrielle. Ce qui permet à l’auteur de développer d’autres thèmes encore comme l’esclavagisme ou l’ultralibéralisme. En plongeant dans l’écran d’un téléviseur, Napoléon parvient en effet à se téléporter par exemple dans un village africain ou dans une porcherie américaine avec hamburgers et coca à volonté. Le comble, il y retrouvera un certain… Staline!
L’humour est on ne peut plus grinçant mais pour l’apprécier pleinement, il faut avoir une bonne connaissance des évènements des siècles derniers et du parcours des personnages parodiés.

Visuellement, les cochons sont drôles avec qui leur grosse moustache sous le groin, qui leur mèche brune sur le front ou leur dentition particulière (un certain Mitterrand). Un petit regret, les accents russe, allemand ou espagnol des cochons qui finissent par alourdir le récit.

On vous prévient, après avoir lu « La foire aux cochons » vous ne mangerez plus de cochon de la même manière.

Albin Michel

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