IRL
Une adolescente se retrouve traquée à la fois par des cybercriminels et les policiers. Un thriller documenté immersif.
Après « GoSt 111 » (Fauve Polar SNCF au Festival d’Angoulême 2021), « Cristal 417 » et « À mourir entre les bras de ma nourrice », le duo Mark Eacersall/Henri Scala revient pour un thriller contemporain autour du dark web et de la cybercriminalité. Scala, commissaire de police, fut d’ailleurs en charge de la direction de la répression de la cybercriminalité en France. Autant dire qu’il connaît le sujet et que le scénario, bien que fictionnel, est fortement documenté et truffé d’anecdotes et de faits réels.
On suit donc Roxane, une ado a priori banale, élève de terminale dans un lycée plutôt bourgeois et vivant dans une famille aimante, mais qui sous le pseudo de « Soap » sert d’intermédiaire anonyme dans la fabrication et la vente de faux papiers en échange de paiements en bitcoins. Dans ce job, les règles sont simples: le virtuel et l’anonymat; on ne doit donc jamais rencontrer ses clients IRL (« In Real Life », dans la vraie vie). Pourtant la jeune fille va commettre cette erreur et son existence tranquille va soudain basculer.
Dans les pas d’une adolescente qui n’a pas vraiment mesuré les conséquences de ses actes, « IRL » propose une immersion dans la cybercriminalité à échelle humaine. Les décors urbains signés Jérôme Savoyen – dont c’est ici la première BD et dont le trait est très influencé par le manga – mettent en scène Roxane dans des lieux réels, en l’occurrence Paris et Tours. Le découpage très cinématographique et la fluidité du récit rendent la lecture addictive. Les scénaristes restent forcément un peu à la surface des choses mais le fonctionnement du darkweb est parfaitement compréhensible et les termes spécifiques (doxing, escrow, jabber, etc) clairement expliqués n’auront plus de secret pour les lecteurs.
Dessinateur: Jérôme Savoyen – Scénaristes: Mark Eacersall et Henri Scala – Editeur: Glénat – Prix: 23 euros.

