FRANKENSTEIN – Au nom du père

Revisite très sombre du mythe, sublimée par le soin apporté à la psychologie des personnages et au noir et blanc puissant.

Après « Dracula », voilà le deuxième album de la série Les classiques de l’horreur, inspiré du chef d’œuvre du XIXe siècle de Mary Shelley maintes et maintes fois adapté au cinéma ou dans la littérature. Le « Frankenstein » des Italiens Cannavo et Corrado reprend sans surprise le mythe du Prométhée moderne. Entre le scientifique Victor Frankenstein, qui tel un Dieu rêve de donner vie à des morceaux de cadavres, et sa créature à la force surhumaine qui décide de se venger d’être abandonnée et persécutée, qui des deux est le plus monstrueux?
D’autant plus actuel aujourd’hui que le progrès scientifique permet bien des aberrations, ce one-shot très violent voit se succéder les meurtres barbares. Prenant tantôt le point de vue de Frankenstein tantôt celui de sa créature interroge aussi la relation père-fils, décrit avec soin la psychologie de chacun et offre une conclusion assez inattendue. Le récit est sublimé par une ambiance graphique très sombre et inquiétante au très beau lavis en noir et blanc.
A noter que l’album se termine sur un cahier documentaire qui en dit plus sur Mary Shelley, les origines du mythe et ses principales adaptations cinématographiques. Un nouveau Frankenstein signé Guillermo Del Toro est d’ailleurs prévu sur Netflix.

Scénariste: Marco Cannavo – Dessinateur: Corrado Roi, d’après l’oeuvre de Mary Shelley – Editeur: Glénat – Prix: 22, 50 euros.

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