RETOUR DE FLAMMES - Tome 1. Premier rendez-vous

Des cinémas projetant des films allemands sont incendiés. Débuts prometteurs d’une enquête dans le milieu du 7e art dans un Paris sous l’Occupation.

Sous l’Occupation, un mystérieux pyromane met le feu à des cinémas parisiens qui projettent des films allemands. Le commissaire Engelbert Lange est chargé de l’enquête, sous l’étroite surveillance de la Gestapo.
C’est dans le Paris mondain et artistique des années 40, au contexte politique compliqué, que Laurent Galandon ("L’Envolée sauvage", "L’appel") et Alicia Grande posent leur album. Un polar riche - l’intrigue se développe sur trois axes : les incendies, le meurtre d’une apprentie actrice et une charmante voisine travaillant à la Cinémathèque -, fluide et bien ficelé que le lecteur se plaît à suivre d’autant qu’elle montre parfaitement les rapports ambigus entretenus par le 7e art avec l’occupant nazi, qu’il s’agisse des acteurs (on aperçoit par exemple Tino Rossi et Fernandel à la table de dignitaires SS), des sociétés de production ou des films eux-mêmes largement utilisés comme moyens de propagande. Le commissaire hanté par le fantôme de son épouse - qui n’est pas sans rappeler la série "Halloween Blues" de Kas et Mythic - convainc moins mais ce premier opus est globalement efficace, d’autant que la dessinatrice espagnole, publiée pour la première fois en France, restitue bien l’ambiance de la capitale à cette époque. Le deuxième tome est prévu pour mai 2020.

Dessinatrice : Alicia Grande - Scénariste : Laurent Galandon - Editeur : Glénat - Prix : 14,95 euros.

- L’interview de Laurent Galandon : "L’art pendant l’occupation"