2050
Une série de récits dystopiques sombres et désespérants sur notre futur proche.
2050, une date pas si lointaine qui, il y a quelques décennies, était synonyme d’innovations technologiques incroyables et porteuses d’espoir pour l’humanité. Mais le changement climatique, les nouvelles politiques spatiales, l’avènement des réseaux sociaux et les progrès dans la modification génétique et l’intelligence artificielle sont passés par là. Pas étonnant dès lors que le 2050 imaginé par un collectif d’auteurs de bande dessinée soit plutôt source d’angoisse, comme peut l’être la série TV « Black Mirror ».
Le recueil propose ainsi dix courts récits aux styles graphiques variés signés de Jean-Christophe Chauzy, Philippe Gauckler, Christian De Metter, Jean-Michel Ponzio, Mig, Jean-Baptiste Hostache, Stéphane Perger, Olivier Martin, Malo Kerfriden, Thibaud de Rochebrune pour le dessin, avec Guillaume Dorison, Aurélien Ducoudray et Laurent Galandon à l’écriture.
Alors que les livres sont écrits depuis belle lurette par l’IA, un romancier à la retraite est par exemple rappelé pour écrire un livre car outre-Atlantique, un ouvrage réalisé par un humain a fait étonnamment un carton commercial. En 2050, la guerre russo-ukrainienne n’est pas terminée et de nouvelles armes chimiques sont utilisées. A cette époque aussi, il faut un crédit social pour avoir de l’électricité au quotidien et pouvoir faire fonctionner tous ses appareils, y compris le robot au visage d’un être cher. On peut en revanche du jour au lendemain renvoyer à la Power Factory un enfant adopté qui ne convient pas. Quant au problème migratoire, il a été réglé: les migrants ont été cryogénisés en attendant de les envoyer sur Mars… Entre chaque histoire, Anaïs Bon a rédigé des « Time capsules », c’est-à-dire des articles (interviews, spots de pub, articles de presse…) comme s’ils étaient contemporains des sujets traités.
Toutes les histoires n’ont pas le même impact mais chacune invite à se projeter dans un futur proche sombre et déshumanisé, certes très pessimiste mais qui ne semble pas si aberrant que cela malheureusement. Petite frustration: on aurait aimé prolonger la découverte de ces univers futuristes qui courent sur une petite dizaine de pages.
Dessin et scénario: collectif – Editeur: Phileas – Prix: 19,90 euros.
