STAND STILL

Quand une invention qui permet de mettre le temps en pause est utilisée par un sociopathe vengeur… Un thriller prometteur gâché par une seconde partie graphiquement ratée.

Dommage, vraiment dommage. C’est ce que l’on se dit en refermant cet élégant album au format à l’italienne (hérité de sa première vie comme webcomic) mais livré avec un fourreau de rangement permettant de l’intégrer verticalement dans une bibliothèque. Le pitch de « Stand still » (« rester immobile » en anglais) est pourtant alléchant: Ryker Ruel, sociopathe mû par une insatiable soif de vengeance, parcourt le monde en laissant derrière lui des monceaux de cadavres. Son arme secrète: le prototype d’un appareil capable de figer le temps qu’il a volé à son créateur, un scientifique ordinaire désormais lancé à ses trousses.
Et de fait, la première moitié tient toutes ses promesses. Portée par le trait nerveux d’Andrew Robinson et des couleurs chaudes et lumineuses, la lecture est fluide, immersive et le pouvoir de Ryker Ruel captivant. Puis vient la seconde moitié et le changement de dessinateur: là où Robinson proposait élégance et précision, Riegel impose un trait plus épais, plus lourd, voire disgracieux. Ce basculement graphique s’accompagne aussi d’un affaiblissement du récit. La tension retombe, l’intrigue se dilue dans une course-poursuite répétitive et ennuyeuse jusqu’à une conclusion poussive qui semble s’étirer inutilement.
Au final, « Stand Still » donne l’impression d’une occasion manquée, d’une excellente idée sabotée.

Dessinateurs: Andrew Robinson et Alex Riegel – Scénariste: Lee Loughridge – Editeur: Delcourt – Prix: 25,95 euros.

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