VOIE DE GARAGE
L’histoire de Paulin qui sillonne les rues poussant un trolley imaginaire. La notion de handicap et de liberté interrogée.
Enfant, Paulin admirait les trolleybus qui roulaient dans Lausanne, en Suisse. Adulte, il sillonne les rues au volant de trolleys imaginaires faits de bric et de broc, vêtu d’un uniforme de conducteur. Jusqu’au jour où où une lettre anonyme réclame son internement pour trouble à l’ordre public.
Paulin, c’est en réalité Martial Richoz, surnommé « l’homme bus » dans le Lausanne des années 1980, qui fut interné à 25 ans en hôpital psychiatrique. Avec « Voie de garage », Sophie Adriansen rend hommage à cette figure locale décédée en 2024 et par là même occasion nous invite en une centaine de pages à nous interroger sur la notion de normalité et de ses frontières: doit-elle être régie par rapport aux normes sociales? Peut-on choisir la liberté et être en bonne santé mentale? La scénariste de « Chère maman » raconte ainsi tranquillement sur une centaine de pages l’histoire de Paulin. C’est peut-être un peu long mais l’on ressent toute la tendresse qu’elle peut avoir pour son personnage. L’album dessiné par Arnaud Nebbache (« Brancusi contre Etats-Unis ») bénéficie par ailleurs d’une identité graphique intéressante avec des dessins sans contours accentuant l’idée fr frontière flou entre le rêve et la réalité.
Dessinateur: Arnaud Nebbache – Scénariste: Sophie Adriansen – Editeur: Dargaud – Prix: 23,50 euros.

