UN PÈRE

Jean-Louis Tripp se livre sur son enfance et la relation chaotique qu’il entretenait avec son père. Un bel hommage.

Après nous avoir livré un témoignage de sa vie sexuelle dans « Extases » et du décès accidentel de son frère Gilles dans « Le petit frère », Jean-Louis Tripp poursuit ce travail autobiographique initié il y a quelques années: dans « Un père », il se penche sur sa relation avec Francis Tripier-Mondancin décédé en 2006. Un paternel au caractère entier, instituteur communiste engagé, bricoleur et infidèle, avec lequel il aura d’abord des relations privilégiées avant de voir le fossé se creuser après la naissance de Dominique et Gilles.
Du haut de ses 65 ans et au fil de conversations avec sa mère et son frère, le co-auteur du « Magasin Général » (avec Loisel) livre ses souvenirs d’enfance, ses joies, ses déceptions, ses besoins d’indépendance et d’évasion pour tenter de comprendre le sens d’un rêve récurrent dans lequel il tue son père et l’enterre.
Malgré l’incompréhension et les moments douloureux, il y a beaucoup de tendresse et de douceur, de l’humour aussi, dans ce témoignage fluide qui évite les rancoeurs et les jugements. Au delà de sa propre famille, « Un père » raconte aussi toute une époque et une génération portée par l’idéal communiste jusqu’à la désillusion. La partie graphique est au diapason avec des planches sobres mais expressives au noir et blanc sépia agrémenté à des moments clé de touches de couleurs et de textures. Un album touchant et universel.

Dessin et scénario: Jean-Louis Tripp – Editeur: Casterman – Prix: 28 euros.

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