TACHYCARDIE
Les relations familiales, amoureuses et sociales d’une galerie de personnages un peu perdus qui cherchent en fait simplement l’amour et la reconnaissance.
Après « Roxane vend ses culottes » (prix Artémisia humour 2023), où elle explorait déjà avec un humour féroce les errances affectives et sexuelles d’une jeunesse déboussolée, Maybelline Skvortzoff signe une nouvelle étude de mœurs , sous la forme d’un récit choral. Dans un pavillon de la région parisienne, Cora et Arthur traversent la crise silencieuse d’un couple usé par les années. Elle tente de raviver une flamme vacillante, lui préfère se réfugier dans la nostalgie de sa jeunesse rock et les séries télé. Autour d’eux gravitent leurs deux filles. Judith, l’aînée, vendeuse dans une épicerie bio, partage son quotidien entre un petit ami rappeur prétentieux et sa voisine dépressive envahissante. Ninon, la cadette, affronte les angoisses de l’adolescence tandis que son amie Eva développe une vraie fascination pour Arthur.
Les intrigues s’entrelacent avec fluidité et montent progressivement en intensité jusqu’à un emballement – qui justifie le titre de cet album au noir et blanc tranché. Entre situations grotesques et moments de profonde détresse, maladresses, addictions, fantasmes ou les mensonges, l’autrice compose un récit à l’humour mordant où chaque personnage cherche désespérément sa place, son équilibre ou simplement un peu d’amour. Admiratrice d’auteurs underground américains tels Robert Crumb, Aline Kominsky ou Jay Lynch affectionne les corps imparfaits et disgracieux qui parlent autant que les mots et révèlent les fragilités que chacun tente de dissimuler. Sous ses dehors provocateurs et un peu trash, « Tachycardie » est avant tout une chronique profondément humaine.
Dessin et scénario: Maybelline Skvortzoff – Éditeur: Tanibis – Prix: 26 euros.
