QUARTIER LOINTAIN – Tome 2

Un deuxième tome qui n’a décidément rien à envier au premier. Une œuvre à ne manquer sous aucun prétexte, amateur de mangas ou non.

Avec un premier tome récompensé à Angoulême par l’Alph’Art du meilleur scénario, la sortie du second tome de  » Quartier lointain  » était attendue avec impatience.

Japonais de 48 ans soudain projeté dans sa peau d’adolescent de 14 ans, Hiroshi continue de redécouvrir son passé. Avec à la clé pour cette deuxième enfance, un parcours scolaire brillant, une petite amie adorable, une famille heureuse et insousciante. L’idéal… sauf que la date du 31 août 1963 se profile à l’horizon, ce fameux jour où son père a disparu sans explication et sans raison apparente. Hiroshi parviendra-t-il à comprendre ce qui a poussé son père à agir de la sorte? Pourra-t-il l’empêcher de quitter sa famille? Et Hiroshi retrouvera-t-il aussi une existence normale, parmi sa femme et ses enfants? Autant de questions qui trouvent leur réponse dans ce dernier volet.
Un deuxième tome qui n’a décidément rien à envier au premier. Le graphisme est toujours aussi minutieux, le trait toujours aussi fin, les personnages expressifs et attachants. Quant au découpage, il est d’une grande efficacité: le récit s’enchaîne parfaitement, sans heurts ni temps morts, jusqu’au dénouement final. Il décrit le quotidien d’une famille japonaise des années 60 mais pose également de vraies questions philosophiques.

Comme dans le premier tome, l’auteur développe le thème du destin: peut-on réécrire l’histoire, changer le cours de notre existence, cette vie pleine de bifurcations que nous empruntons à la faveur d’événements souvent anodins ? Mais finis les quiproquos et les décalages humoristiques du premier tome dus à la maturité d’Hiroshi, l’histoire prend désormais un tournant plus sérieux. Jiro Tanigushi va plus loin et s’interroge sur la place de l’individu et de sa liberté: le père du héros doit-il se sacrifier pour sa famille ou partir pour mener une vie qu’il aura choisie? C’est en même temps la notion de courage qui est abordée: qui est le plus courageux? celui qui assume ses responsabilités de père de famille quitte à tirer un trait sur ses propres convictions ou celui qui ose renoncer à tout ce qu’il a pour essayer de réaliser ses rêves? Une réflexion traitée de manière passionnante à laquelle le lecteur peut facilement s’identifier.

« Quartier lointain » est décidément une œuvre à ne manquer sous aucun prétexte, amateur de mangas ou non. A noter qu’un coffret regroupant les deux volumes de « Quartier lointain » est paru en même temps que ce deuxième tome.

Casterman

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