LE DÉPISTEUR – Tome 2. Sous terre
Suite et fin de l’enquête de Samuel, dépisteur à la recherche d’enfants disparus pendant la Seconde Guerre mondiale. Un peu touffu.
Selon le Mémorial de la Shoah, près de 72.000 enfants juifs vivaient en France en 1939. Environ 11.400 d’entre eux ont péri dans les camps, tandis que près de 60.000 ont survécu, souvent cachés dans des familles d’accueil. C’est dans cette mémoire que s’inscrit « Le Dépisteur » en s’intéressant à ces anciens scouts juifs chargés, après la guerre, de retrouver les enfants dissimulés pour tenter de les réunir avec leurs familles.
Antoine Ozanam et Marco Venanzi s’appuient sur ce contexte historique fort pour construire un récit marqué par la peur, la culpabilité et les non-dits. Dans ce second tome, Samuel poursuit sa mission dans le village de Saint-Cirq-Lapopie, où il cherche à élucider le destin d’un tout jeune enfant. Faute d’archives, il se tourne vers les habitants, mais se heurte rapidement à un mur de silence d’autant que, six ans après la Libération, les plaies sont loin d’être refermées, et certains semblent prêts à tout pour empêcher que la vérité n’émerge. D’un trait semi-réaliste appliqué mettant en valeur la ruralité et le caractère pittoresque du village, l’album distille aussi les conséquences dramatiques de la précédente enquête de Samuel, au Pays basque. Le scénario pourtant dense se dilue un peu malheureusement dans une accumulation de rebondissements qui complexifient la lecture et diminuent l’impact des révélations. Il n’en reste pas moins que ce diptyque permet de mettre en lumière les multiples zones d’ombre de l’après-guerre.
Dessinateur: Marco Venanzi – Scénariste: Antoine Ozanam – Editeur: Glénat – Prix: 15,50 euros.

