LES SEIGNEURS MAGES – Tome 1
Le destin de deux adolescents dans une société médiévale dirigée par de puissants mages et menacée par les attaques de monstres. Une prometteuse fantasy jeunesse mêlant quête initiatique et luttes politiques.
Dans un monde médiéval-fantasy dominé par les mystérieux Seigneurs-Mages, seuls capables de forger l’acier pouvant terrasser les terrifiants Odiums – d’agressives créatures organiques translucides qui dissolvent la chair au simple contact -, le jeune Kain rêve de rejoindre la Guilde des protecteurs. Mais derrière cette ambition se cache une colère plus profonde : celle d’un adolescent qui refuse la domination exercée par les mages sur les habitants du domaine Dante-Pierre. Sa petite sœur Niméa, elle, nourrit le rêve inverse : intégrer cette élite toute-puissante et devenir Dame Mage. La mort de leur seigneur, âgé de plus de 3.000 ans, puis l’arrivée de ses pairs appâtés par son héritage, offrira-t-elle aux deux adolescents l’occasion de réaliser leurs aspirations respectives?
Comme dans sa série « Les Semi-Déus », Juliette Fournier met en place un univers de fantasy accessible à un jeune public mais en y injectant des thématiques plus politiques qu’il n’y paraît. Car derrière les codes classiques du récit initiatique — un orphelin en quête de reconnaissance, un monde menacé par des monstres, une caste dominante… — le scénario développe progressivement une réflexion sur la légitimité du pouvoir et les mécanismes qui permettent à une élite de conserver son emprise. Sous ses teintes lumineuses, l’univers des « Seigneurs Mages » dévoile donc une atmosphère plus sombre mais le récit sait aussi ménager des respirations grâce aux échanges cyniques d’un duo comique de mages formé par un métamorphe et un maître de la téléportation.
Le récit est soutenu par le travail graphique de Greg Mauny, nouveau venu dans la bande dessinée après un parcours de directeur artistique freelance. Son bestiaire foisonnant évoque par moments l’imaginaire des yokaï japonais, tandis que son trait influencé par le manga privilégie la lisibilité de l’action et le mouvement malgré des décors riches en détails. Les plus attentifs repéreront d’ailleurs le « Spirited away » du « Voyage de Chihiro » de Hayao Miyazaki glissé au fond d’une case.
Quant à l’incroyable rebondissement final, il donnera sans aucun doute à tous les jeunes lecteurs un peu plus envie encore de découvrir la suite de cette trilogie annoncée.
Dessinateur: Greg Mauny – Scénariste: Juliette Fournier – Editeur: Vents d’Ouest – Prix: 15 euros.

