LA VEUVE
La fuite éperdue d’une jeune femme à travers les grands espaces nord-américains au tout début du XXe siècle. Un roman graphique haletant.
Sans se retourner malgré la faim, le froid et la fatigue, une jeune femme fuit la peur au ventre à travers les sombres forêts escarpées des Rocheuses canadiennes. Elle n’a qu’une très mince avance sur ses poursuivants, deux hommes armés qui la traquent comme une bête sauvage. Qui sont-ils et pourquoi fuit-elle?
Adaptation du roman éponyme de Gil Adamson paru en 2009, « La veuve » est un western en noir et blanc haletant, l’histoire d’une héroïne seule dans un monde d’hommes. A l’instar de Mary, le lecteur a peu l’occasion de reprendre son souffle, sauf quand, dans sa fuite, elle fait quelques rencontres bienveillantes qui lui permettent de se reposer un peu: une vieille notable, un indien, un trappeur solitaire, un révérend…
Au diapason du récit, le trait à l’encre est vif et s’attache à retranscrire les mouvements, il est précis lorsque la jeune femme se pose, se fait plus flou et lâche lorsqu’elle reprend sa course effrénée. Le lourd secret que Mary traine avec elle et les raisons de sa traque, le lecteur les découvre par bribes lorsque la jeune femme consent à se confier. Petit à petit, ce petit bout de femme craintif devient plus fort et indépendant, la fuite en avant se transforme en une quête initiatique vers la liberté. C’est aussi cela que raconte « La veuve », une histoire d’émancipation féminine dans un pays que l’on découvre en mutation, en marche vers l’industrialisation mais toujours marqué par son héritage esclavagiste et l’extermination des indiens.
Dessin et scénario : Glen Chapron, d’après l’oeuvre de Gil Adamson – Éditeur : Glénat – Prix: 25 euros.

