LA VALLÉE DU VIVANT

Une Parisienne angoissée par le désastre écologique annoncé débarque dans la vallée de la Drôme où elle découvre la Biovallée. Documenté mais maladroit.

Déprimée par la vacuité de son job de publicitaire et souffrant d’éco-anxiété, Juliette, 35 ans, n’est pas loin du burn out. Mais en vidant la maison familiale suite au décès de son père, Juliette découvre qu’il cachait quelques secrets et décide d’aller mener l’enquête à Die, berceau familial dans la vallée de la Drôme, au coeur de la Biovallée.
Biovallée est le nom donné à la fois à un territoire rassemblant 94 communes sur 2.200km2, une association et un projet commun autour de l’autonomie énergétique, la transformation des pratiques agricoles et alimentaires, le changement des modes de consommation ou encore la réduction des déchets et des déplacements. Fabien Rodhain connu pour ses ouvrages exprimant son engagement pour la protection du vivant (« Les Seigneurs de la Terre », « Les Damnés de l’or brun », « Whisky San ») y vit avec sa famille depuis plusieurs années et était donc bien placé pour parler du sujet.
En imaginant Juliette, une trentenaire un peu paumée qui ne sent plus en adéquation avec le monde dans lequel elle vit, le scénariste permet ainsi au lecteur d’aller à la rencontre de ceux qui oeuvrent pour la vallée: des habitants qui lui racontent les traditions, des éco-responsables qui lui expliquent comment préserver la nature ou même les indiens Kogis qui parlent aux montagnes et aux ruisseaux…
Mais autant le principe documentaire de la Biovallée est intéressant, autant l’histoire de Juliette ne fonctionne pas vraiment. Sous prétexte de passer en revue une large gamme d’initiatives locales, le parcours initiatique sonne faux: les petits déboires de l’héroïne, sa romance avec un beau jeune homme, ses rencontres opportunes à travers le territoire et ses lourds dialogues (ou monologues) techniques, tout cela paraît complètement artificiel. Sans compter que la révélation du secret de son père – point de départ affiché de l’album – fait pschiitt… « La vallée du vivant » permet néanmoins de faire découvrir la Biovallée à tous et donne envie d’arpenter les paysages drômois baignés de lumière dessinés par l’Espagnole Alicia Grande.

Dessinatrice: Alicia Grande – Scénariste: Fabien Rodhain – Editeur: Grand Angle – Prix: 19,90 euros.

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