LA LONGUE MARCHE DE LUCKY LUKE

Luke part à la recherche d’un enfant blanc qui vivrait au sein d’une tribu indienne. Un western hivernal qui revisite l’univers de Lucky Luke à travers des thématiques contemporaines.

Après « L’homme qui tua Luky Luke » et « Wanted Lucky Luke », Matthieu Bonhomme propose une nouvelle incursion dans l’univers du cow-boy solitaire créé par Morris. Nous voici plongés au cœur des forêts du Minnesota, ses paysages enneigés silencieux, son lac glacé ou ses troupeaux de bisons agités. Lucky Luke a été chargé par Mr Cramp, patron de l’ultrapuissante Cramp Company, de retrouver son neveu enlevé bébé par la tribu des Pieds-Bleus. Mais présentée comme un simple sauvetage familial, la mission prend rapidement une tout autre dimension où les intérêts économiques dictent les rapports humains.
Bonhomme injecte ainsi dans son récit des thématiques résolument actuelles – capitalisme débridé, corruption, écologie… – sans alourdir la narration. C’est aussi la question des liens familiaux qui affleure : ceux du sang, mais aussi ceux que l’on choisit ou que l’on subit. Certes, il y a des ressorts narratifs qui peinent à surprendre – le célibataire endurci qui se retrouve entiché d’un gamin turbulent mais qui finissent par s’apprécier ou le loup sauvé par l’enfant qui reviendra l’aider quand il faut – mais la relation entre Lucky Luke et le petit Nuage-Rouge au coeur du récit fonctionne pleinement.
L’album n’oublie pas pour autant ses racines avec un clin d’œil aux Pieds-Bleus des premiers récits et l’apparition des Dalton, dans le rôle – une fois n’est pas coutume – de chasseurs plutôt que de chassés. Quant au principal méchant de cette histoire, silhouette inquiétante à la mèche reconnaissable, il évoquera évidemment un certain chef d’Etat rêvant d’acheter ou d’annexer le Canada…

Dessin et scénario: Matthieu Bonhomme – Editeur: Dargaud – Prix: 16,50 euros.

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