GOETZ
L’humanité fuit une Terre condamnée pour bâtir un nouveau monde, mais emporte avec elle ses vieux démons. Entre science-fiction et fantasy médiévale, une réflexion sur le Bien, le Mal et la difficulté de changer l’Homme.
La Terre a épuisé ses ressources et l’humanité est partie coloniser une nouvelle planète habitée par des humains encore à l’âge de fer. Convaincus d’avoir appris de leurs erreurs passées, les Terriens veulent y construire une société nouvelle. Mais trente ans plus tard, les colonisateurs ont reproduit exactement ce qu’ils prétendaient avoir dépassé: exploitation des ressources, domination, esclavage et violences. Face à cette oppression, les peuples locaux finissent par s’unir et se révolter. Parmi leurs chefs: Goetz, né d’une mère terrienne et d’un seigneur de cette planète.
‘Fane s’inspire ici de la pièce « Le Diable et le Bon Dieu » de Jean-Paul Sartre qui parle de la révolte de paysans allemands contre l’Eglise au XVIe siècle et vise à mettre en évidence le faux dilemme entre le Bien et le Mal, pour conclure que la liberté est ce que l’on possède de plus précieux. Les thèmes abordés sont riches et intemporels et l’ensemble est plutôt bien mené même si le revirement radical de Goetz, qui passe en quelques pages seulement du tyran au défenseur des opprimés, peine un peu à convaincre. Derrière les batailles et les affrontements valorisés par le trait anguleux et expressif de Cassegrain, cette fable entre science-fiction et fantasy médiévale parle surtout de l’homme et de son rapport au pouvoir, de sa capacité à commettre le pire au nom du Bien. Qu’il ait changé de planète ou non.
Dessinateur: Didier Cassegrain – Scénariste: ‘Fane – Editeur: Glénat, collection Comix Buro – 29 euros.

