DROME

Quand des entités supérieures créent le monde pour le meilleur ou pour le pire. Une cosmogonie moderne à la construction visuelle particulièrement inventive qui rend hommage au 9e art.

Le récit de la création du monde selon Jesse Lonergan. Avec cet imposant roman graphique de 326 pages dont le titre « Drome » dérive du grec ancien « dromos » signifiant «chemin», l’auteur d' »Arca ou La nouvelle Eden » et de « Hedra » raconte l’aube de l’humanité, le moment où des entités supérieures s’amusent à créer des êtres vivants et avec eux un cycle sans fin de création et de destruction, d’ordre et de violence, de chaos et de renaissance. Dans ce monde en formation, se croisent des dieux, des demi-dieux, des héros ainsi que des animaux et des humains en arrière-plan.
Quelque part entre la Genèse et une esthétique rétro teintée de science-fiction et de fantasy, ce space-opéra aux rares dialogues permet au dessinateur américain de déployer son art de la séquentialité avec des jeux de cases visibles jusque sur la couverture. Ultra inventif quitte à perdre parfois un peu le lecteur, l’auteur s’amuse avec ce gaufrier de petites cases qui se déforment, se déstructurent en de nouvelles vignettes, jonglant ainsi avec les notions de mouvement et de temps. Les lignes de fuite, les espaces blancs et noirs, les déformations du cadre, les gouttières qui dirigent la lecture semblent aussi offrir un terrain de jeu sans fin au dessinateur qui n’oublie pas d’utiliser le langage de la couleur et la quadrichromie en particulier. Avec « Drome », Jesse Lonergan s’approprie complètement le medium bande dessinée et lui rend hommage.

Dessin et scénario: Jesse Lonergan – Éditeur: 404 Graphic – Prix: 29,90 euros.

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