BRAQUAGE ET ANECDOTES SAVOUREUSES À RACONTER EN SOIRÉE
Un braquage, une rumeur et tout un pays qui s’emballe: une satire drôle des dérives médiatiques, dont le potentiel s’émousse un peu au fil des pages.
Marlène Taffin, négociatrice de la police, arrive sur le lieu d’un braquage au Crédit d’Epargne où trois individus cagoulés retiennent des otages. Quasiment la routine… sauf que l’affaire vire à la paranoïa collective quand tout le monde pense que les braqueurs sont des terroristes islamiques.
Avec « Braquage et anecdotes savoureuses à raconter en soirée », Karibou s’empare de la manière dont un fait divers ordinaire peut devenir un événement national sous l’effet des chaînes d’information en continu et des responsables politiques. Comme il l’expliquait à ToutenBD, l’auteur de « Dernière réunion avant l’Apocalypse » est fasciné par ces affaires «qui prennent des proportions dingues alors que souvent, derrière le tintamarre, il n’y a pas grand-chose». De quoi nourrir cette satire des emballements médiatiques, du racisme ordinaire et d’une parole publique où les préjugés prennent le pas sur les faits.
Le récit assume un humour absurde qui évoque autant Fabcaro qu’Emmanuel Reuzé. On y croise une négociatrice dépassée par les événements, des braqueurs stupides et une galerie de commentateurs télévisés caricaturaux. Le trait de Thierry Chavant accompagne cette farce en noir et blanc, relevée de quelques aplats bichromes, avec des caricatures immédiatement reconnaissables de figures médiatiques comme Pascal Praud ou des responsables politiques tels que Bruno Retailleau.
L’ensemble fonctionne assez bien au début avec des running gags réussis. Malheureusement, les mêmes ressorts comiques reviennent avec insistance, les clichés s’accumulent et les meilleures idées sont exploitées jusqu’à l’usure. À force, la satire finit par manquer de mordant.
Dessinateur: Thierry Chavant – Scénariste: Karibou – Editeur: Delcourt – Prix: 13,50 euros.

