ALOUETTE
Alouette s’échoue sur une île mais ne pense qu’à retrouver son petit frère. Une plongée saisissante au coeur de la mémoire traumatique, entre réalité et cauchemars.
Après un long voyage en mer enfermée dans un cercueil en bois, Alouette s’échoue sur une île où elle est recueillie par ses deux seuls habitants: un ancien capitaine de la navale un peu farfelu et une femme taiseuse à la force de déménageur. Désorientée, elle ne se souvient de rien à part de Pilou, son petit frère qui n’est pas à ses côtés et qui a besoin d’elle. Elle va alors construire un radeau afin de quitter cette maudite île luxuriante et oppressante.
Après avoir dessiné « Ursina », Andréa Delcorte signe ici sa première bande dessinée en tant qu’auteur complet. Contrairement à ce que peut laisser penser la couverture, « Alouette » n’est pas un album jeunesse. L’héroïne est une jeune fille submergée par une colère sourde qui ne demande qu’à éclater et au fur et à mesure que les bribes de ses souvenirs refont surface, à grands renforts de flashbacks. C’est alors tout un passé miséreux et violent que l’on découvre au fil de ce récit ambitieux qui brasse ainsi des thèmes liés aux droits de l’enfant, sur fond de survivalisme, d’hallucinations et de bestiaire fantastique inquiétants. Il faut un peu de temps pour rentrer vraiment dans l’histoire et s’habituer au trait tremblotant faisant souvent fi des proportions. Mais au bout du difficile chemin d’Alouette vers l’acceptation, il y a un album puissant et convaincant.
Dessin et scénario: Andréa Delcorte – Editeur: Glénat – Prix: 20,50 euros.

