Le Festival d’Angoulême 2026 plus que jamais compromis
La fronde persistante des auteurs contre les organisateurs hypothèque la 53e édition. L’organisateur du festival dément toute annulation.
Face aux menaces de boycott de l’édition 2026 et pour tenter de sortir d’une crise qui dure depuis plusieurs mois, les financeurs publics ont proposé lundi 17 novembre 2025 une nouvelle gouvernance sans Delphine Groux, présidente contestée de l’association historique du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Tout en annonçant une réduction « de plus de 60% de la subvention accordée » par l’État à 9e Art+ après des « manquements », la ministre de la Culture Rachida Dati a elle appelé mardi à éviter que « ce festival ne devienne un naufrage » à partir de l’édition 2026.
285 autrices, dont la Française Anouk Ricard lauréate du Grand Prix de la BD en 2025, ont néanmoins maintenu leur appel au boycott du festival en 2026, appelant à une « nouvelle gouvernance » et à repenser cet évènement pour « promouvoir la diversité de la création ». Pour Florence Cestac, Grand Prix en 2000 et habituée du festival depuis sa première édition, l’horizon d’une annulation de l’édition 2026 est “une bonne nouvelle. On défend le festival, on souhaite qu’il reparte sur de bonnes bases”, selon le quotidien Charente Libre. Elle conditionne une future participation à une refonte de l’événement.
Dans un communiqué, le Syndicat national de l’édition (SNE) dit « entendre la position des syndicats d’autrices et d’auteurs, le manifeste des 285 autrices, l’appel des Grands Prix, à ne pas se rendre à l’édition 2026” et estime donc que « l’édition 2026 ne pourra plus se tenir.” Les membres du SNE « appellent à un apaisement attendu par tous et participeront au renouveau engagé par les pouvoirs publics pour construire le festival de demain dès 2027, et contribuer à faire rayonner la bande dessinée en France et à l’étranger”.
“Aucune annulation officielle, tous les scénarios sont encore sur la table« , déclarait toutefois Fausto Fasulo, directeur artistique de 9e Art+, ce mercredi matin à Charente Libre.
