Festival d’Angoulême: 9e Art+ toujours dans la tourmente

Contrat dénoncé avec l’association historique de la manifestation? Boycott des auteurs et éditeurs?

En janvier 2025, à l’occasion du 52e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, L’Humanité magazine publiait une enquête qui plongeait dans l’embarras 9e Art+, la société gestionnaire de la manifestation dirigée par Franck Bondoux: viol présumé, management toxique, partenariat controversé… Une « manif en ligne » avait par ailleurs été lancée sur Instagram par des auteurs de BD qui appelaient à « un appel d’offres public en bonne et due forme » pour que « d’autres projets, d’autres visions, d’autres partenaires plus intègres, plus respectueux et plus compétents puissent nous redonner l’envie d’aimer Angoulême », alors que le contrat qui lie la société 9e Art+ avec le festival arrive à échéance en 2027 mais doit être dénoncé avant mai 2025.
Dans un communiqué commun au titre explicite, « 9e Art+: la bulle est pleine! », le Syndicat des travailleur·euse·s artistes-auteurs, le collectif MeTooBD et la Ligue des auteurs professionnels notamment demandent «  à l’association ADBDA de lancer enfin un appel d’offres pour la gestion du FIBD et aux pouvoirs publics – notamment aux pouvoirs locaux, grands pourvoyeurs de fonds pour ce festival – de tenir compte de la colère légitime des auteurs et autrices de BD et de prendre leurs responsabilités en exigeant une étude approfondie du fonctionnement de la société 9e art +, ainsi que le lancement de cet appel d’offres. »
Mais selon Libération qui parle de « coup d’Etat feutré », Franck Bondoux « s’apprêterait à prendre le contrôle exclusif du FIBD ». Il aurait en effet présenté lors d’une réunion avec l’association il y a une dizaine de jours un projet de fusion qui garantirait « ni mise en concurrence ni projet alternatif », selon le quotidien.
La présidente de l’Association pour le développement de la bande dessinée d’Angoulême (ADBDA), Delphine Groux, a pour sa part indiqué à Charente Libre que le contrat avec 9e Art+ sera bien dénoncé, mais sans envisager pour autant d’appel d’offres. La piste de la SAS [(société par actions simplifiée) entre l’Association fondatrice du Festival de la BD et la société 9e Art +] sera « poussée jusqu’au bout. Nous examinerons d’autres hypothèses si jamais nous ne parvenons pas à nous entendre. » Selon Charente Libre, des auteurs et des éditeurs menacent de boycotter la prochaine édition si cette « société privée voit le jour ».

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