LOVE LANGUAGES

La rencontre entre une jeune cadre britannique à Paris et une jeune fille au pair hongkongaise, va bouleverser leur vie. Une réflexion sur le langage singulier sur la forme.

Avec « Love Languages », James Albon (« Recette de famille ») s’intéresse à une expérience universelle : celle de l’étranger confronté à une langue qui n’est pas la sienne. Sarah Huxley, trentenaire anglaise installée à Paris pour son travail, découvre une ville éloignée de ce qu’elle imaginait. Entre collègues peu bienveillants, rythme professionnel épuisant et difficultés à communiquer, son quotidien se résume à une solitude pesante. Jusqu’à sa rencontre fortuite avec Ping Loh, une jeune fille au pair d’origine hongkongaise.
À travers cette relation naissante, James Albon place la barrière linguistique au coeur du récit. Anglais, français et cantonais se mêlent ainsi constamment dans les dialogues – souvent au sein même d’une phrase – avec un système de couleurs ou de forme de phylactères qui permet d’identifier les passages prononcés dans les différentes langues. Le résultat est original mais demande au lecteur une gymnastique linguistique permanente, fatigante à la longue. De même, l’intrigue reste finalement très simple et axée sur Sarah, son rapport au langage et ses émotions. La palette chromatique joue néanmoins un vrai rôle narratif, les bleus froids du morne quotidien professionnel de Sarah laissant peu à peu la place aux jaunes lumineux à mesure que la jeune Britannique se rapproche de Ping. Un roman graphique imparfait mais audacieux qui évite les clichés romantiques.

Dessin et scénario: James Albon – Editeur: Glénat – Prix: 24 euros.

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