SUPER GAU

Alors que le tsunami ravageur de 2011 s’abat sur les côtes de Fukushima au Japon, la catastrophe résonne étrangement dans la vie de huit habitants de Berlin. Un roman graphique singulier.

« Super Gau » (Größter anzunehmender unfall) en allemand est employé pour désigner une catastrophe nucléaire avec fusion du coeur et fuites radioactives importantes comme cela s’est produit à Tchernobyl et à Fukushima. La catastrophe du 11 mars 2011 sur la côte est du Japon provoquée par un séisme de magnitude 9 et le tsunami qui suivit a inspiré Bea Davies, jeune autrice italienne vivant à Berlin. Pensant son récit comme un effet papillon inversé, elle imagine qu’à des milliers de kilomètres de là, au coeur de la capitale allemande, huit anonymes, étrangers les uns aux autres mais tous un peu perdus, gravitent dans une ville suspendue aux informations venues du Japon, relayées par les médias, et voient leur quotidien subtilement dérailler. Peu à peu, leurs trajectoires se frôlent et se répondent, contaminées par une anxiété diffuse.
Sur le papier, l’idée séduit d’autant que le dessin à l’encre et au lavis, oscillant entre manga et réalisme européen, est plutôt réussi. Le lecteur a cependant bien du mal à suivre, plongé d’emblée dans la vie de ces personnes sans introduction, peinant à s’attacher à eux, parfois même à les distinguer. D’autant que malgré une pagination généreuse (200 pages), les dialogues sont rares et les cases volontiers contemplatives n’aident guère à la compréhension. Il en ressort un récit choral singulier mais frustrant sauf à accepter de se laisser porter entièrement par la vague…

Dessin et scénario: Bea Davies – Editeur: Steinkis, collection Aux Confins – Prix: 24 euros.

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