SHIBA INU ROOMS – Volume 1

Début d’une joyeuse colocation entre une étudiante un peu associable et le fantôme d’un shiba inu grincheux. Une comédie légère qui aborde la solitude et le besoin d’affection.

Publié au Japon par Shueisha et arrivé en France chez Doki Doki qui signe au passage sa première licence du géant nippon, le titre s’est déjà imposé dans l’archipel nippon comme un petit phénomène, porté par la popularité de son héros canin et des pop-up stores qui lui ont été consacrés.
Suite à un changement de lycée, Kôri cherche un logement et tombe sur une annonce au loyer défiant toute concurrence. La raison? L’appartement est hanté par Muu, le fantôme (un « jibakurei ») d’un chien shiba issu d’un élevage de chiens maltraitant. Condamné à errer sur Terre tant qu’il n’a pas reçu toute les caresses et la tendresse qui lui ont manqué de son vivant, ce chien parlant s’impose vite comme un colocataire… envahissant.
Le point de départ est absurde mais le manga très expressif surprend par son traitement du surnaturel, le fantôme de Muu ayant tout d’un être vivant (le langage excepté); un choix qui participe pleinement au ton feel-good de la série, léger et comique. Le cœur du récit repose sur ce duo improbable: d’un côté, un fantôme shiba bougon et capricieux voire agressif parfois, de l’autre, une adolescente perçue comme froide et distante, marquée par un passé qui l’a rendue méfiante, notamment envers les chiens. Deux êtres sensibles, maladroits dans leur manière de communiquer, dont on découvre progressivement le lourd bagage émotionnel. « Shiba Inu Rooms » aborde ainsi des thématiques plus profondes : l’isolement, la peur du regard des autres, la difficulté à créer du lien…
Alors que la série compte déjà sept volumes au Japon (et poursuit sa publication en France), une question demeure : Esu Oomori pourra-t-il éviter de tourner en rond sachant que Muu ne semble pas pouvoir sortir de l’appartement? La galerie de personnages secondaires – les excentriques locataires des autres appartements et la gentille propriétaire qui accueillent eux aussi des fantômes shiba – ouvre en tout cas la voie à un élargissement de l’intrigue.

Dessin et scénario: Esu Oomori – Editeur: Doki Doki – Prix: 7,95 euros.

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