La justice européenne interdit à un fabricant d’armes d’utiliser la nom « Obelix »
L’Office européen de la propriété intellectuelle avait autorisé une entreprise polonaise à déposer la marque pour vendre des produits liés aux armes à feu, munitions et explosifs.
L’affaire remonte à 2022. L’Office européen des marques (EUIPO) avait alors enregistré, à la demande d’un entrepreneur polonais, la marque verbale (qui protège un nom en lui-même) « Obelix » pour vendre des armes à feu, munitions et explosifs. Malgré la demande des Editions Albert-René, titulaires des droits d’exploitation des « Aventures d’Astérix et Obélix », d’annuler l’enregistrement, l’EUIPO avait refusé. L’éditeur avait pourtant expliqué avoir déposé une marque antérieure et invoqué l’atteinte portée à la renommée de son célèbre Gaulois tombé petit dans la potion magique.
Ce 13 mai 2026, le Tribunal de l’Union européenne a cependant annulé la décision de l’EUIPO en soulignant notamment la renommée de la marque « Obelix » telle qu’elle est exploitée et contrôlée par les Editions Albert-René et en notant que le lien entre les deux marques était « de nature à amener le public pertinent à les associer et susceptible de porter atteinte à la renommée de la marque antérieure ».
L’affaire est renvoyée à un nouvel examen devant l’EUIPO, mais un pourvoi peut encore être déposé par l’entreprise polonaise devant la Cour de justice de l’Union européenne.
En attendant, Céleste Surugue, directeur général des Editions Albert René, et Florence Mittnacht, directrice juridique, se sont réjouis de cette décision: «Non seulement Astérix et Obélix sont des personnages de fiction populaires mais aussi des marques notoires et il n’est pas envisageable de les détourner pour des usages dommageables à leurs valeurs. Nous nous en félicitons à un moment où la reconnaissance du travail des artistes et des talents est régulièrement remise en question.»
