Nicolas Moog: «Tous les artistes font partie de notre panthéon personnel»


Avec «Underground», Nicolas Moog et Arnaud Le Gouëfflec poursuivent leur exploration passionnée de la face cachée de la musique. Quatre ans après le premier tome, ils signent une nouvelle série de portraits, consacrés à des artistes méconnus mais essentiels.



Quatre ans après le premier tome, reprendre cette série de chroniques sur des musiciens méconnus s’est imposé comme une évidence?
Nicolas Moog. Une évidence. Il nous fallait continuer à arpenter le chemin, nos planches en guise de bâton de pèlerin.



Comment se fait la sélection des artistes?
N.M. Tous les artistes dont on parle font partie de notre panthéon personnel, à Arnaud et moi. On les aime toutes et tous, c’est le premier critère. Nous avons aussi envie que la carrière du sujet présenté soit dense et foisonnante, afin de tirer le fil le plus possible.



Avez-vous hésité à inclure des artistes un peu plus connus comme Beck, Bjork ou les Rita Mitsouko, même si vous vous concentrez sur leur versant le plus expérimental?
N.M. Nous pensons qu’elles et ils ont leurs places dans ce livre, aux côtés des obscures et des obscurs.

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Est-ce un exercice particulier de dessiner des personnes connues?
N.M. Non, elles deviennent les personnages d’une courte chronique de bande dessinée, des avatars dessinés qui prennent leur indépendance.



Vous travaillez alors davantage à partir de sources iconographiques?
N.M. Même quand je travaille sur « Willy Woob », la série que je dessine pour Spirou sur des scénarios de Jorge Bernstein, j’utilise force documentation. Comment dessiner un pont, un moteur de hors-bord, un train convoyant du café en Afrique, sans sources iconographiques ? Je n’ai pas assez d’imagination pour y arriver.

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Dans «Underground», on est plus proche de l’illustration que de la bande dessinée classique. Cela change-t-il votre manière de dessiner?
N.M. Je ne crois pas que l’on soit plus proche de l’illustration que de la bande dessinée. « Underground » est une bande dessinée, pas un recueil d’illustrations. Il y a dans chaque histoire un début, un milieu et une fin, un mouvement, une trajectoire.



Après plus de 600 pages sur ce même thème, comment faites-vous pour vous renouveler graphiquement?
N.M. J’imagine que je vieillis, et qu’en vieillissant, on change, alors mon dessin change en même temps que mes artères, sans que je ne le fasse vraiment exprès.



Cela demande-t-il un effort particulier pour trouver des idées pour illustrer les histoires?
N.M. Pas d’effort particulier, pendant que je dessine, j’écoute simplement la musique de la musicienne ou du musicien sur qui je travaille.

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La scène underground continue-t-elle de vous offrir matière à raconter ou commencez-vous à sentir que la source se tarit?
N.M. La source ne se tarira jamais. C’est une belle source, cachée mais d’une eau claire, on n’en finira pas d’y boire.



Seriez-vous tenté un jour de chroniquer des artistes moins confidentiels, à condition d’avoir un angle fort ou quelque chose de personnel à raconter?
N.M. Oui, ce pourrait être une idée. On ne se refuse rien, avec Arnaud Le Gouëfflec.

Propos recueillis par Emmanuel Lafrogne
(sur Twitter)

«Underground» par Nicolas Moog et Arnaud Le Gouëfflec. Glénat. 14,99 euros.

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