UMAMI

Un détective dépressif enquête sur des soupes aux ramen tueuses. Un polar noir pop déjanté.

Le salé, le sucré, l’amer, l’acide et… l’umami. Cette mystérieuse cinquième saveur subtile emblématique de la cuisine japonaise, associée à une sensation de plénitude en bouche, donne une richesse et une intensité particulière aux aliments. Elle donne aussi son titre au nouvel album de la collection Cantina de Dargaud, après l’excellent « Donny Diner » de Pochep.
Son auteur, Willy Ohm (de son vrai nom Guillaume Clairat), nous entraîne dans un Tokyo fantasmé des années 1980, saturé de références à la culture pop japonaise. Dans cette métropole colorée et foisonnante, robots, animaux anthropomorphes et humains cohabitent sans distinction. Les gorilles y jouent les yakuzas, les calamars circulent en scooter et les bars malfamés sont tenus par des automates. Dans cette ambiance déjantée évolue Tabako, détective privé dépressif au «régime alimentaire très strict » (« clopes et alcool en grande quantité»…), qui se retrouve embarqué dans une étrange affaire après la mort soudaine de riches convives ayant dégusté une soupe aux ramen lors d’un repas gastronomique dans un restaurant éphémère.
Tout au long d’un récit fluide et vivant, l’auteur de « Bao Battle » et son trait rond et expressif jouent du contraste entre un univers graphique manga aux couleurs acidulées et un polar noir mélancolique. Car derrière les situations absurdes et au fil de flashbacks en bichromie, affleurent les dangers d’une quête obsessionnelle de perfection et le vide laissé par les morts.

Dessin et scénario: Willy Ohm – Editeur: Dargaud, collection Cantina – Prix: 23,95 euros.

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