SEULE CONTRE HOLLYWOOD

Après une soirée privée de la MGM où elle est violée, Patricia Douglas intente un procès au puissant studio hollywoodien. Une histoire vraie et documentée, graphiquement un peu confuse.

80 ans avant #MeToo et l’affaire Weinstein et alors qu’en France la commission d’enquête de l’Assemblée sur les violences sexuelles dans la culture vient de livrer près de 90 recommandations pour freiner « la machine à broyer les talents », « Seule contre Hollywood » revient sur le premier scandale sexuel ayant secoué Hollywood.
En mai 1937, Patricia Douglas, ainsi que 120 jeunes actrices, sont recrutées par la Metro Goldwyn Mayer pour ce qu’elles pensent être un tournage. En réalité, il s’agit d’une gigantesque soirée privée organisée pour près de 300 commerciaux et actionnaires et les malheureuses filles sont destinées, l’alcool aidant, à servir d' »escort ». Agressée durant la soirée, la jeune femme de 20 ans décide de porter plainte contre le tout-puissant studio.
Le sujet est intéressant et l’album qui axe surtout son propos sur le procès permet de revenir sur une affaire enterrée où comme souvent c’est la victime qui est trainée dans la boue et objet de dénigrement et de honte. Le procès s’achèvera par un non-lieu pour manque de preuves. Patricia Douglas, elle, portera les conséquences de ce viol toute sa vie, sans jamais avoir fait carrière.
Halim, habitué des sujets de société (« Arabico », « Un monde libre », « La maison des enfants: Maria Montessori »), livre une nouvelle fois un roman graphique documenté où l’on se rend bien compte de la stratégie de contre-attaque insidieuse de la défense. Dommage que certaines ellipses et que le découpage serré et parfois complexe tendent à perdre le lecteur. Pas aidés non plus par une colorisation monochrome en sépia, on peine régulièrement à suivre, à comprendre en détail les situations et les enjeux et finalement on décroche.

Dessin et scénario: Halim – Editeur: Steinkis – Prix: 20 euros.

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