RUE DE LA GRANDE TRUANDERIE – Volume 1. Une enfance au familistère
Une Parisienne élevée au Familistère de Guise décide d’appliquer le concept en plein Paris pour des prostituées et voleurs. Un récit rythmé.
1864. En voyage à Paris, Jean-Baptiste Godin, industriel spécialisé dans les poêles à charbon en fonte, prend sous son aile Glannes, une jeune indigente qui a tenté de lui dérober sa montre. Il l’emmène à Guise, dans son Familistère, un établissement utopiste dans lequel les ouvriers de son usine et leurs familles vivent en communauté dans un confort qui leur était jusqu’alors inaccessible. On la retrouve quelques années plus tard à Paris où elle met en pratique les idées de son mentor avec des prostituées, mendiants, voleurs et travailleurs journaliers.
Prévue en deux tomes, « Rue de la Grande truanderie », du nom d’une rue située dans le quartier des Halles à Paris, nous fait voyager entre les bas-fonds de la capitale et l’authentique Familistère de Guise, dans l’Aisne, aujourd’hui classé aux Monuments historiques et ouvert aux visites.
Un haut lieu de l’histoire économique et sociale française des 19e et 20e siècles qui a donc servi de base à JD Morvan pour imaginer une fiction alliant une peinture sociale et une histoire de kidnapping et de vengeance. Malgré quelques facilités scénaristiques, le récit est dynamique. Quant au dessinateur Romain Rousseaux Perin, qui a fait des études d’architecture avant de décrocher un doctorat en sociologie, il se plaît visiblement à représenter minutieusement les rues et les bâtiments.
En fin d’album, un cahier documentaire réalisé par le Familistère de Guise permet d’en savoir plus sur l’utopie sociale selon Jean-Baptiste Godin, d’après les travaux de Charles Fourier.
Dessinateur: Romain Rousseaux Périn – Scénariste: Jean-David Morvan – Editeur: Grand Angle – Prix: 15,90 euros.

