PRESIDIO
Un marginal vivant de vols vient aider son frère plumé par sa femme. Un road trip sombre et désespéré sur les routes du Texas.
Troy Falconer n’a rien d’un héros. Plutôt un type en marge de la société, qui vivote des larcins qui se présentent à lui et qui revient dans sa ville natale du Texas pour aider son frère à retrouver sa femme qui s’est volatilisée avec le maigre héritage paternel. Pourtant, dès les premiers kilomètres, le plan déraille: une jeune passagère clandestine est cachée à l’arrière de la voiture, et avec elle, émerge un cortège de nouveaux problèmes.
Cette adaptation du roman éponyme de Randy Kennedy s’inscrit à rebours des représentations flamboyantes des États-Unis. Ici, place à une Amérique périphérique, médiocre et âpre: les personnages sont perdus, les silhouettes cabossées, les motels miteux, les néons blafards, les parkings glauques et les routes interminables écrasées par une chaleur poussiéreuse. Le Texas n’a rien d’un paradis et le dessin réaliste, sans esbroufe, de Guiu Vilanova épouse cette vision. « Presidio » ne cherche pas de toute façon le spectaculaire. Le rythme est lent, la tension s’immisce plus dans les silences pesants et les non-dits entre les deux frères que dans l’action.
Le format de l’album – une soixantaine de pages – semble toutefois un peu trop contraint, offrant une conclusion sans véritable montée en puissance, laissant du coup un petit je-ne-sais-quoi d’inachevé.
Dessinateur: Guiu Vilanova – Scénariste: Simon Treins, d’après Randy Kennedy – Editeur: Delcourt – Prix: 15,50 euros.

