PARACUELLOS, Intégrale – Volume 3
Carlos Giménez achève de raconter son enfance difficile passée dans un orphelinat sous la dictature franquiste. Touchant.
Pablito, l’alter ego de Carlos Giménez, va avoir 14 ans dans l’Espagne franquiste d’après-guerre et il va bientôt pouvoir quitter les terribles foyers de l’assistance sociale dans lesquels il a vécu dès l’âge de 6 ans, son père étant décédé et sa mère atteinte de tuberculose. Sous couvert d’une instruction religieuse et gérés par la Phalange espagnole, le parti unique, ces orphelinats sont basés sur la faim, la soif, le froid, les mauvais traitements, les violences entre élèves encouragées par les surveillants, le bourrage de crâne, etc. Des années difficiles aux cours desquelles les enfants placés réussiront à tisser néanmoins des liens forts qui leurs permettront de devenir des hommes.
Avec cette ultime partie consacrée à ses souvenirs d’enfance et enrichie d’un carnet graphique, Carlos Giménez dit donc au revoir à Adolfo, Peribáñez et tant d’autres, ces jeunes compagnons d’infortune inspirés d’authentiques camarades. Au fil des tomes et des années, le trait du dessinateur espagnol s’est épuré mais ces enfants à la tête trop grosse, aux yeux démesurés et aux grandes oreilles ont gardé leur côté à la fois triste et touchant.
Mais comme le dit Giménez en épilogue, ils sont finalement la preuve de « l’échec de ces idéologies rétrogrades et fanatiques que l’on a tenté de nous inculquer » car, une fois adultes, ils sont devenus « ceux-là même qui ont rendu possible la démocratie en Espagne », « la Démocratie bénie qui m’a permis de raconter librement ces histoires de Paracuellos ».
Dessin et scénario : Carlos Giménez – Editeur : Fluide Glacial – Prix : 23,90 euros.
