MECS IN PROGRESS
Le cheminement de deux amis qui enquêtent sur les masculinités d’aujourd’hui. Un guide pratique accessible pour faire avancer l’égalité des sexes.
Dans un magasin de costumes, Jimmy choisit un déguisement de Superman, Dédé une tenue de scène d’Elvis Presley, tandis que Selma qui avait opté pour un costume de princesse Leia en tunique blanche et pistolet laser se retrouve en esclave de Jabba hyper sexualisée… «C’est comme ça, non?», s’étonnent les deux hommes devant la réaction outrée de leur amie. Alors pour calmer le jeu, ils décident d’enquêter sur cette mystérieuse notion qu’est la masculinité.
Avec une petite histoire comme fil conducteur, l’album – au titre bien trouvé – est bâti en trois chapitres: la construction des masculinités, la mise en place de la domination masculine et la reconstruction des masculinités. On y parle d’injonctions, de sexisme ordinaire, d’hétéro-normativité, de culture du viol, de violences systémiques, etc… Pour faire la synthèse de chaque chapitre, Lauraine Meyer (« Feminists in progress », « Moi, j’aurais pas fait comme ça ») fait appel à Noëlla Bugni-Dubois, fondatrice du collectif «Nous sommes» (@nos_allies_les_hommes sur Instagram) qui organise des cercles d’écoute pour les hommes (parfois auteurs de violences sexuelles) en France, en Belgique et en Suisse.
Doté d’un dessin simple et très coloré, le récit reste léger (voire ludique avec par exemple des QCM) et bienveillant. Il ne s’agit pas de heurter les hommes ni d’être véritablement donneur de leçons mais de les pousser à réfléchir et à se remettre en question, en espérant qu’ils soient aussi réceptifs aux propos que Jimmy et Dédé.
Deux bémols néanmoins. Dans le prologue de l’ouvrage d’abord où seul le lecteur (masculin) est interpellé, donnant l’impression à toute lectrice de ne pas être invitée. Or tout comme le féminisme moderne concerne aussi les hommes, la notion de masculinité n’intéresse pas que la gent masculine… On regrettera ensuite que Jim et Dédé, d’âge, de look et de centres d’intérêts différents, appartiennent visiblement à une classe sociale supérieure, sans problèmes financiers et évoluant dans un environnement intellectuel plutôt privilégié. Or, le féminisme ne peut pas être réservé à une partie de la société.
Dessin et scénario: Lauraine Meyer – Editeur: Steinkis – Prix: 22 euros.

