M IS FOR MONSTER
Maura, tragiquement décédée, est ramenée à la vie par sa soeur. Mais Maura est-elle vraiment Maura? Un roman graphique qui interroge sur notre propre identité.
Ne pouvant se résoudre à la mort de sa soeur Maura tragiquement décédée lors d’une expérience scientifique, Frances parvient à remettre en état son corps et la ramener à la vie. Mais quand cette dernière se réveille, elle n’a aucun souvenir de sa vie d’avant.
Avec son premier roman graphique, « M is for monster », et son héroïne aux morceaux de corps recousus entre eux, Talia Dutton semble au départ revisiter le fameux mythe de Frankenstein imaginé par Mary Shelley. En réalité, il ne s’agit pas de traiter de transgression éthique ou de responsabilité du créateur envers sa création. Comme on le comprend vite, la ressuscitée n’est pas atteinte d’amnésie, elle est juste quelqu’un d’autre, à la personnalité et aux envies différentes, coincé dans le corps de Maura. Et c’est plutôt cela que raconte ici l’autrice américaine – qui s’affiche elle-même comme queer, métisse et asiatique – en invitant les lecteurs à ne pas agir en fonction de ce que les autres veulent et à s’interroger sur ce qui construit leur identité. Le trait est simple mais rond et clair et la colorisation en nuances de bleu vert rappelle des expériences scientifiques autour de l’électricité. Côté scénario, il n’y a guère de suspense, le récit souffre de quelques longueurs et le dénouement est assez attendu mais l’ensemble, qui traite aussi du deuil, est agréable et délivre un message positif à destination notamment des adolescents.
Dessin et scénario: Talia Dutton – Editeur: Delcourt – Prix: 14,95 euros.

