LES LARMES DE CALLISTO
Une relecture féministe du mythe grec où une nymphe est mise enceinte par Zeus et métamorphosée en ourse puis en constellation.
Afin d’échapper à un mariage forcé, la princesse Callisto s’enfuit dans les bois sacrés pour rejoindre celle qu’elle admire plus que tout : la déesse de la chasse Artémis, fille de Zeus, et les nymphes qui l’accompagnent. Mais son bonheur est de courte durée. Depuis l’Olympe, Zeus la convoite, lui qui a l’habitude d’enlever et de contraindre les jeunes filles, notamment en usant de la métamorphose…
Avec cette relecture du mythe antique en un one-shot de 96 pages, Camille Salomon place résolument la pauvre Callisto au cœur du récit et la victime reprend enfin le premier rôle. Pas question d’édulcorer la prédation ni la question du consentement : le mot « viol » est d’ailleurs explicitement employé, ce qui justifie l’avertissement « Contenu sensible » figurant en quatrième de couverture. L’autonomie, loin des chaînes patriarcales, et la solidarité féminine face aux violences divines sont également au centre de cette adaptation. Une approche qui tranche avec les mythes grecs, où les femmes sont souvent réduites à des rivales se disputant les faveurs des dieux. La scénariste issue de la littérature jeunesse (« Maman n’est plus une étoile » et « L’extraordinaire destin de Jeanne Barret ») assume ainsi une relecture contemporaine et engagée du récit antique, soutenue par un joli graphisme de Valentin Varrel (« Jeanne et les embruns ») qui aurait toutefois gagné à être un peu plus dynamique et original dans le découpage.
En fin de tome, un supplément revient sur la symbolique de l’ourse, figure centrale du destin de Callisto, et explique en quoi elle représente aujourd’hui « la femme qui a compris et accepté qu’elle est une force avec laquelle il faut compter ».
Dessinateur: Valentin Varrel – Scénariste: Camille Salomon – Éditeur: Drakoo – Prix: 19,90 euros.

