L’ENFANTÔME

Jim Bishop clôture sa trilogie sur le passage de l’enfance à l’âge adulte avec un récit horrifique qui interroge le conformisme de la société.

Du fait de leurs notes exécrables, trois lycéens, dont « le boutonneux » et Mims la punkette, sont convoqués chez le conseiller d’orientation qui leur lance un étonnant ultimatum: s’ils ne s’améliorent pas, leurs parents devront les tuer au sens littéral du terme! Tandis que la pression pèse sur les épaules des adolescents, les adultes ont des attitudes de plus en plus étranges…
« L’enfantôme » s’inscrit après « Lettres perdues » et « Mon ami Pierrot » dans une trilogie thématique de l’auteur autour de l’enfance et du passage à l’âge adulte: les dérives d’un système qui enseigne la compétition plutôt que l’épanouissement, les difficultés à s’intégrer dans un monde conformiste et les conséquences d’une enfance brimée sur la vie d’adulte. Lui-même « adolescent solitaire qui cherchait sa place dans la micro-société qu’est l’école », Jim Bishop a mis dans ce roman graphique une partie de son vécu, y compris sa maison, sa chambre, le salon, ses parents et quelques scènes du quotidien.
Pour raconter ce passage, l’auteur a choisi une ambiance horrifique et dérangeante: le regard des autres prend la forme d’énormes yeux globuleux dévorant l’esprit du « boutonneux » et de Mims, tandis que les parents et le conseiller d’orientation deviennent des monstres aux veines gonflées et aux traits déformés par la fureur… Dans une seconde partie qui se déroule après les études, le lecteur est plongé dans une ambiance un peu différente, assez perturbante au début: l’âme du héros est devenu un fantôme (l’enfantôme, d’où le titre), du fait des brimades avec lesquelles il a dû se construire. Une manière originale de traiter du système de l’enseignement et de la santé mentale des jeunes.

Dessin et scénario: Jim Bishop – Editeur: Glénat – Prix: 22,50 euros.

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