LE GIGOT DU DIMANCHE

Mémé a caché des louis d’or dans sa maison. De quoi aiguiser l’appétit de toute la famille réunie pour le déjeuner dominical, une semaine après l’élection de Mitterrand. Une comédie humaine amusante et tendre.

Mai 1981, à Gaillac (Tarn), une semaine après l’élection de François Mitterrand à la tête de la France. Comme tous les dimanches, c’est gigot-flageolets chez Mémé avec parents, oncles, tantes et cousins. Si les piques sur les opinions politiques de chacun vont bon train, tous sont en fait obnubilés par une seule chose: découvrir l’endroit où la vieille femme a caché son magot. Du haut de ses 11 ans, Pilou regarde tout cela d’un oeil à la fois amusé et naïf, lui qui aime simplement passer du temps avec sa grand-mère.
C’est au milieu d’une scène de vie à la française que nous emmène Philippe Pelaez (« Dans mon village, on mangeait des chats », Pinard de guerre ») et Espé (« Le col de Py, « Vivre est dangereux pour la santé »). Une France de Français moyens où l’on roule en Simca 1000, où l’on écoute Renaud et Sardou, où les bistrots sont encore enfumés et où internet n’existe pas. Une famille moyenne qui cache aussi comme bien des familles un secret sur le point d’être révélé…
« Le gigot du dimanche » et ses agréables planches semi-réalistes, c’est aussi une comédie humaine amusante avec des rebondissements et des personnages bien campés et expressifs que l’on a l’impression de connaître et une Mémé attachante et plus clairvoyante qu’elle ne le laisse paraître. D’ailleurs, tout ce petit monde est de l’aveu même du scénariste « un joyeux amalgame de membres de sa famille avec ses défauts et ses qualités ». Et Pilou (qui nous offre une voix off savoureuse tout au long du récit), lui, c’est Pelaez lui-même enfant!

Dessinateur: Espé – Scénariste: Philippe Pelaez – Editeur: Grand Angle – Prix: 16,90 euros.

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