LE CHOEUR DES SARDINIÈRES

Il y a 100 ans, les sardinières de Douarnenez lançaient l’une des premières grandes grèves ouvrières féminines. Un récit historique documenté.

A l’hiver 1924, les ouvrières des conserveries de poisson de Douarnenez, payées une misère, se mettent en grève. Après 46 jours de lutte sans salaire où les chants révolutionnaire ont remplacé les cantiques bretons, les « Penn sardin » obtiennent 1 franc de l’heure, des majorations pour les heures de nuit, et la reconnaissance du droit syndical. Cent ans après, Léah Touitou et Max Lewko reviennent sur ce mouvement social breton à travers Mona, sardinière, et sa famille. Les rêves d’études de sa fille Soizig ne valent pas grand chose face aux conditions de vie difficiles. A 10 ans, elle entrera elle aussi à l’usine, ainsi en a décidé le mari pêcheur.
Guetter les cloches qui annoncent l’arrivée des bateaux de pêche, nettoyer les sardines, les vider, les faire frire, les mettre en boîte et les stériliser, le tout dans un travail à la chaîne éreintant et mal payé au final… Si l’histoire de Mona et Soizig est fictive, les deux auteurs se sont visiblement bien documentés pour évoquer avec précision les étapes de la journée de travail d’une ouvrière et cet épisode social historique soutenu notamment par Daniel Le Flanchec, l’un des premiers maires communistes, et Lucie Colliard, figure féminine du syndicalisme national. Le résultat est intéressant et le trait semi-réaliste rehaussé de couleurs pastel dominées par le rouge et le bleu (argenté comme les écailles des sardines) est expressif même si les « Penn sardin » ne sont pas toujours faciles à identifier au premier cou d’oeil.

Dessinateur : Max Lewko – Scénariste : Léah Touitou – Editeur: Steinkis – Prix: 20 euros.

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