LA MÉCANIQUE – Tome 1. En moi le chaos

Plongée dans un société totalitaire en proie à une drogue dévastatrice. Un premier tome de mise en place d’un univers classique mais riche.

Bienvenue à MégalopoLyon, une cité tentaculaire et totalitaire au bord de la guerre civile minée par les mafias et le Blast, une drogue musicale de synthèse frelatée à l’origine d’une série d’overdoses. Une atmosphère urbaine bien glauque que peuvent contempler depuis leur luxueux appartement le puissant Mayor de la mégalopole et ses enfants qui ont l’interdiction de sortir. Pas de quoi arrêter la jeune Safir qui s’échappe à la nuit tombée pour aller se livrer à des activités interdites… Mais quand son frère Pauli disparaît, elle va devoir partir à sa recherche.
Récit très sombre et pessimiste, « La mécanique » pioche allègrement dans les ingrédients habituels du genre dystopique. Cet univers à l’influence revendiquée de  « Fahrenheit 451 », «Blade Runner» ou «Akira», traite ainsi pêle-mêle de culture interdite, de totalitarisme, de dérèglement climatique, de crise migratoire ou d’eugénisme. C’est très très riche, voire un brin bordélique, et pour l’instant difficile à suivre. La série étant prévue sur trois tomes, on imagine néanmoins que l’on est ici dans un album introductif et que les différentes lignes narratives sont amenées à se rejoindre.
En attendant, Jef (« L’épée noire du Pentaskel ») offre pour la partie graphique une synthèse réussie de cet univers complexe et oppressant avec des planches très détaillées et oppressantes mettant en scène autant les silhouettes vertigineuses des gratte-ciel que les bas-fonds sales et lugubres de la ville.

Dessinateur: Jef – Scénariste: Kevan Stevens – Editeur: Soleil – Prix: 17,50 euros.

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