COLUMBUSTRAßE
Tobi Dahmen raconte l’histoire de sa famille allemande entre 1935 et 1945. La Seconde Guerre mondiale vue de l’autre côté du front. Long et touffu mais inétressant.
C’est une chronique familiale de plus de 500 pages, un pavé très documenté dépassant largement le cadre privé puisque Tobi Dahmen est Allemand et que le pan d’histoire familiale qu’il nous raconte, à travers les yeux des Dahmen et des Funcke, se déroule sous la dictature nazie et pendant la Seconde Guerre mondiale.
La force de ce récit au noir et blanc soigné est de montrer comme l’entreprise nazie dans toute son horreur a pu petit à petit faire son oeuvre auprès de la population lambda. Rien n’est ni tout blanc ni tout noir. Grâce aux témoignages, archives, photos ou lettres patiemment récoltés par l’auteur, on découvre que son grand-père paternel, catholique fervent opposé au régime nazi, adhérait lui-même aux préjugés antisémites; que ses deux oncles se sont engagés sur le front russe pour servir la cause; ou que son grand-père maternel, directeur technique dans une usine de boulons puis de munitions, a participé à l’effort de guerre; etc. Narré avec honnêteté, « Columbusstraße » (du nom de la rue où se trouvait la maison familiale à Dusseldorf), rappelle notamment « Heimat » de Nora Krug, paru il y a quelques années.
Le bémol apporté à la narration est un manque d’unité, des digressions qui s’accumulent dans de courtes scènes à mesure que les familles se retrouvent séparées, des scènes redondantes. L’arbre généalogique (portraits à l’appui) disponible n’est pas de trop mais cela n’empêche pas de se perdre un peu dans tous ces personnages, d’autant que les enfants grandissent évidemment et que la concentration diminue un peu au fil des pages.
Malgré ces défauts, « Columbusstraße » interroge sur les responsabilités politique et personnelle et participe à l’indispensable travail de mémoire.
Dessin et scénario: Tobi Dahmen – Editeur: Robinson – Prix: 29,99 euros.

