CLUB LONELY

Un auteur de roman graphique suédois, persuadé d’avoir pondu un chef d’oeuvre, est prêt à tout pour obtenir une critique littéraire. Une satire tragicomique du monde de la culture.

Auteur de bande dessinée suédois, Benedikt Bergström est persuadé d’avoir réalisé un album génial et attend avec impatience d’être encensé par la critique littéraire. Encore faudrait-il que Mathias Ortiz, le journaliste le plus influent sur le sujet, remarque son chef d’oeuvre…
Avec ses cases en monochromie de bleu-vert sagement rangées en gaufrier, son trait minimaliste et ses décors juste esquissés, « Club lonely » affiche une sobriété qui peut déplaire, voire rebuter au début. Elle se met pourtant au service d’un récit bien construit aux différents axes narratifs qui se croisent: il y a donc bien sûr l’artiste incompris, sa femme qui ne cesse de le rassurer, leur jeune fils footballeur, le critique complètement dépressif, sa voisine un peu bizarre et une étoile montante de la BD suédoise. Un baudrier d’escalade et un déguisement de la Mort auront aussi leur rôle à jouer dans cette histoire de crise existentielle qui se mue en un inquiétant harcèlement. Le rythme est lent, le récit à la fois cruel et drôle tire parfois en longueur mais cette satire de la vie littéraire et de la solitude urbaine fonctionne finalement assez bien.

Dessin et scénario: Pelle Forshed – Éditeur : L’Agrume – Prix: 22 euros.

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