BIENVENUE A PANDEMONIA

A sa mort, un spécialiste du développement personnel se retrouve aux Enfers. Une plaisante comédie sur fond de satire sociale.

Gourou en développement personnel misant sur la pensée positive, Uriaki Posta meurt bêtement en s’étouffant avec une olive. Avec son casier chargé en matière d’escroqueries financières, il est évidemment envoyé aux Enfers. S’il avait accepté son sort, il aurait pu bénéficier de conditions plutôt avantageuses étant donné le contexte (eau brûlante à 40 degrés seulement, boue infernale exfoliante, etc) mais ayant décidé de plaider non coupable, il se retrouve avec comme seules perspectives d’horribles tortures pour l’éternité…
Les Enfers vus par Diego Agrimbau («L’Humain», « Les Yeux perdus ») ont en fait tout de notre société contemporaine: un purgatoire logé dans un gratte-ciel, un grand patron (Dieu) injoignable qui impose ses lois, des chefs passent leur temps à se tirer dans les pattes, une bureaucratie obtuse, des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader provoquant colère et mouvements sociaux… Car notre héros à l’ineffaçable sourire de winner débarque dans des Enfers surpeuplés depuis que le Très-Haut a rajouté des motifs de condamnations (les spameurs, les antivax, les misogynes militants, les climatosceptiques…) sans augmenter les effectifs de son personnel.
Bref, une ambiance surréaliste et satirique pour un one-shot grinçant qui n’épargne personne au sein du monde du travail. Au dessin, le style réaliste de Gabriele Ippoliti (« Planeta extra », « La grande toile ») renforce la crédibilité des lieux tout en proposant une large galerie de démons expressifs en costard cravate ou en tenue de travail.

Dessinateur: Gabriel Ippóliti – Scénariste: Diego Agrimbau – Editeur: Dargaud – Prix: 18,50 euros.

Screenshot

Share