AMOUR TOXIQUE

Humiliations, violences verbales… Une histoire d’amour qui tourne vite au cauchemar pour Manie, jeune diplômée des Beaux-Arts. Une fiction de sensibilisation aux mécanismes d’emprise.

Fraîchement diplômée des Beaux-Arts avec mention, Manie est sur un petit nuage: elle s’apprête à réaliser son rêve de devenir tatoueuse et vient de rencontrer Fredo, un brillant professeur de philo attentionné. Rapidement, il lui demande de s’installer avec lui et commence à montrer un tout autre visage…
C’est une histoire somme toute classique sur la manière dont fonctionnent les pervers narcissiques et l’emprise qu’ils exercent petit à petit sur leur proie; une fiction nourrie par les témoignages recueillis auprès de victimes: un homme charmant en public aux sautes d’humeur soudaines en privé qui, peu à peu, éloigne sa compagne de ses proches, la rabaisse avant de lui dire qu’il l’aime. Celle-ci se révèle en outre incapable de faire preuve de lucidité face à tous les signaux d’alerte…
En usant d’un graphisme sobre où le fond pastel met en valeur des personnages expressifs en noir et blanc, Bénédicte Moret concentre le regard sur cette relation toxique. L’anthropomorphisme des protagonistes permet en outre de casser l’idée qu’il y a des stéréotypes de victimes et de manipulateurs. Ici, Manie est une renarde censée donc être maline et rusée qui pourtant se fait avoir par le panda Fredo, un nounours d’apparence tranquille mais un redoutable carnivore…
A noter qu’un QR code en fin d’album renvoie vers un guide numérique pour en savoir plus sur les relations toxiques. « Amour toxique » est donc à ranger aux côtés d’autres albums sur la même thématique comme « Tu n’auras pas mon silence » de Juliette Steren ou Sophie Lambda dans « Tant pis pour l’amour – Ou comment j’ai survécu à un manipulateur ».

Dessinatrice: Bénédicte Moret – Scénaristes: Bénédicte Moret et Anne Schnauch – Éditeur: Le Lombard – Prix: 21,95 euros.

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